Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /2009 18:05
Il y a des soirs où ma meute me manque. Plus qu’aux autres veillées.

Malgré des êtres autour de moi, en dépit de la sollicitude ou des sollicitations, je me sens terriblement seule.

Et je pleure.

Je pleure à chaudes larmes, en silence, mon loup. Je l’appelle de tous mes voeux. Je désire qu’il me revienne. Ils m’ont laissée si loin.

Oui, il me faut m’enfuir avec mes frères, parcourir de longues distances sans nous arrêter, et toujours fuir les trahisons humaines. Le mensonge, la cruauté, la bêtise, la solitude, l’indifférence. Laisser cela une bonne fois pour toutes derrière nous. Mêler mes pas aux leurs, marcher d’une seule trace, pour que jamais ils ne sachent combien nous sommes, combien il y en aurait à abattre.

Rejoindre la nuit, se méfier des traqueurs tandis que la lueur de la lune éclaire notre parcours millénaire. Se demander « pourquoi? », accepter de ne pas avoir de réponse, se résigner à mourir de faim ou à périr au combat.

Protéger la harde coûte que coûte.

En attendant, je prends soin de moi. Car il y aura forcément un crépuscule rien qu’à nous. Une nuit où même les étoiles seront recouvertes de neige, où la terre – entière et reconnaissante – retrouvera sa virginité, où mon loup saura me retrouver.

Alors je balaie d’un geste prompt les poussières de sentiments qui voilent mon regard sauvage. L’éclat d’une espérance surgit entre les brumes.

L’aigle royal m’indique le chemin. Il plane d’une solitude pareille à la mienne. Car à force de voler si haut, on réalise un matin combien certains sont petits et bas. Il n’y a guère que les anges pour s’élever de la sorte. Hélas leur compagnie est rare. Eux aussi apprennent à se cacher.

Je le sais long, tortueux et douloureux, le sentier qui m’est montré.

Tant pis.

Attendez-moi, redoutés compagnons!

Voici que je m’élance.

Mais voici qu’on me retient.

Par sacha volchinka - Publié dans : Journal de Sacha V. - Communauté : Les portes du merveilleux.
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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /2009 18:13

Un soir, entre Noël et ma Résurrection.

Atmosphère étrange s'il en est.
J'ai d'abord cru que c'était Noël.
Puis Noël est passé.
L'atmosphère est restée.
Alternance de joies et de stress pre-traumatiques.
Une vie qui se transforme, c'est intensément dérangeant, douloureusement perturbant, délicieusement bandant.
C'est l'Arcane Sans Nom qui se pointe au bout de tes nuits, et te murmure, faussement rassurant: tu vas morfler mais c'est pour ton bien! RENAISSANCE!
Ok.
Mais quand même, on devrait m'appeler le Phénix. J'en finis plus de renaître...
Ascension d'une spiritualité toujours plus flippante, qui contamine même ceux que tu ne touches que d'un regard.
N'empêche que, dans tout ce bordel infini, je ne me suis jamais sentie aussi "moi". Avec ce je ne sais quoi de "jusqu'ici tout va bien".
Comme pour te signifier que tu es sur la bonne voie, pour te remercier d'être revenue parmi les tiens, la meute ou encore la race des bohèmes tsiganes à l'âme plus nomade que leur coeur brasier... on t'offre des rêves, des messages, augures ou prémonitions...
C'est dans ton sang, m'a dit un jour une gitane à l'inquiétante intuition...
Que personne ne s'y fie. Ma roulotte à moi, elle a beau être dans mon esprit, elle ne vous emmène pas moins en voyage, où JE veux...
X, tu me disais que certains donnent des mots, mais que moi je donne les images.
Alors, toi l'itinérant du plus beau des spectacles, l'intermittent des amours, tu m'as fait un bien joli compliment ce jour là! Je sais, pas de "merci" entre nous.
Parfois, je tremble. Parfois j'ai peur. De ne plus être forte, que le courage se fasse la malle en même temps que mes valises pour un ailleurs.
Pour un meilleur.
Mais je sais que ça ne serait pas digne de moi.
Alors je serre les poings, crispe la mâchoire et lève les yeux vers mon Père, là-haut, le pied léger et néanmoins solidement enraciné dans les maternels fondements nourriciers.
Je suis vivante. Donc je peux tout.
Tiens, la nuit dernière j'ai rêvé de loups...

Par sacha volchinka - Publié dans : Journal de Sacha V. - Communauté : Les portes du merveilleux.
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 20:23

Ils me regardent souvent, même si je fais semblant de ne pas les voir. Je parle des charognards...

Je leur fais mon regard de loup, celui qui passe au travers d’eux comme s’ils n’existaient pas, comme s’ils n’étaient rien, ou pas là.

Effectivement, ils ne me sont rien. Mais ils sont bien là.

C’est dans la nature de l’homme de toujours rêver de ce qu’il ne peut avoir. Certaines donneraient beaucoup pour devenir un objet de désir. Pour qu’un homme, rien qu’un seul, les cajole de regards et fasse glisser langoureusement sur leur corps de déesse mille et une promesses. Que mille et une fois ils trahiront car la fourberie est le propre de l’être humain.

Moi je refuse d’être un objet. Même si c’est pour devenir celui de toutes les attentions.

Je n’ai pas de temps à perdre. Mon âme plusieurs fois centenaire s’est vue confier une mission, et rien d’autre ne compte.


Seulement voilà: homo erectus!!!
Et depuis qu’il sait le feu, il pense pouvoir provoquer le brasier en
plein coeur de la glace. Ce qui lui donnerait l’occasion de sortir la lance à incendie pour éteindre la flamme. Ne sait-il pas encore qu’il n’a nul besoin de cette chose pour que la flamme meure?

Ah, soupirerait n’importe quelle louve: « pauvres petits humains »... Femme, je partage ta peine, prisonnière de ta condition.


Bien sûr, je prends un amuse-gueule de temps à autre. Oui, j’aime les hommes car ils croquent sous
la dent!

On m’a dit qu’il en existait de nobles. Je veux le croire.

Et ceux là auraient grâce à mes crocs.

En attendant la venue du Chevailer des Loups, toi le passant dépassé trop pressé empressé, continue de fantasmer sur mes talons aiguille qui crèvent l’asphalte de tes villes. Tu peux bien déverser ta bave de mâle appris sur la soie de mes bas, tu peux aller jusqu’à rêvasser des caresses de mes longs doigts... Mais tu ferais mieux de te souvenir: sous le rouge vernis laqué sommeillent les griffes à la féminitude acérée, sous le sourire rare et carmin, te guette un appétit féroce.

Je suis la louve des villes, je suis l’hybride, qui pour tromper l’ennui, en attendant que résonne le Chant, s’amuse de ta bestialité, fantoche chasseur au canon dérisoire.

Dis toi bien que toujours, c’est MOI qui aurai le mot de la FAIM.

Par sacha volchinka - Publié dans : Journal de Sacha V. - Communauté : Les portes du merveilleux.
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 20:45

Les métamorphoses d’avide....

Transmutation, transfiguration, épiphanie, alchimie...

Mon animalité s’empare de moi.

Ne me regarde pas ainsi. Parce ce que tu ne me reconnais pas? M’as-tu seulement jamais connue?

Certains serpents fascinent, hypnotisent leurs proies. Danger! Danger pour toi, si tu me regardes de  trop près!

Je ne suis pas à toi.

Tu te perdrais à vouloir me posséder.

Non. Je suis à moi, je suis à lui. Même s’il ne devait jamais me revenir. Même s’il ne pouvait plus  trouver ma trace.

J’appartiens à celui-là, aussi sauvage que je le suis, qui arpente l’infini depuis la nuit des temps, à  celui qui courrait à mes côtés, dans les contrées froides et éloignées. Celui qui partageait mes chasses et mes jeux.

Celui dont la langue léchait mes plaies, celui dont les crocs se plantaient parfois doucement dans  mon échine, lors de nos ébats.

Son regard s’est imprimé dans ma mémoire. Je le cherche depuis.

Et parce qu’il est là, quelquepart, parce que c’est pour bientôt, mon corps, déjà, se dérobe à moi.

Jouissance extrême.

Il arrive. Mon âme prisonnière d’un territoire qui n’est pas le mien voudrait bondir hors de mon  corps de femme. Elle se libère.

Oui.

J’ai effectivement une faim de louve.

Par pitié, apaise moi...

Par sacha volchinka - Publié dans : Journal de Sacha V. - Communauté : La Meute de Fenrisulfr.
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /2009 09:44

Ainsi donc, tu as choisi de rester.

Cela fait maintenant des lunes que nous t’observons, en train de guetter mon retour. Tu n’as pas bougé d’un pouce, pas même quand le vieux peuple a amené l’orage, la foudre et les trombes lacustres juste au-dessus de ta tête. Avaient-ils l’intention de t’effrayer ou te purifier?

Est-ce le baptême pagan?

Obstiné petit être.

Les sorcières ont tenté de te séduire, de te faire quitter le tronc centenaire auquel tu avais adossé ta fragile carcasse. En vain.

Les bruits de la nuit, s’ils faisaient naître la peur en ton ventre, ne sont pas parvenus non plus à s’emparer de ton courage.

Explique moi, je voudrais comprendre.

Notre histoire t’importe-t-elle tant?

Je n’y entends rien et Fenrisulfr est perplexe.

Tu n’es point loup, tu n’es point Hybride.

Les créatures du Vieux Monde ne savent pas ton nom.

Il se raconte simplement, parmi ceux de ta triste espèce, que tu serais poète.

Mais qu’est-ce donc, un poète?

Et tu chantes...

Nous l’avons entendu chaque nuit. Tes paroles ont ouvert la porte du sanctuaire de nos âmes. Les ancêtres ont quitté le sommeil de leur sérénité...

Tes chants nous intriguent. Les Gardiens t’écoutent en hochant la tête, comme s’ils savaient, comme s’ils acceptaient...

Un grand conseil s’est tenu. Les Sept ont allié leur sagesse à la nôtre.

Le Chevalier des Loups est apparu, s’est rangé à l’avis de tous.

Tu es différent. Ta solitude n’a d’égal que notre éternité d’errance.

Qui pourrait mieux nous entendre que toi? Qui serait capable de nous voir vraiment? A part les enfants et le Peuple Blanc, personne d’autre que toi.

Tu as le coeur pur.

Il est encore temps de reculer, Homme.

Fenrir sent que tu ne le feras pas.

Qui aimes-tu le plus?

L’Hybride dont jamais tu ne partageras la solitude?

Ou les mystères de notre saga?

Ferme les yeux à présent.

Nous te permettons de te reposer.

Bientôt le Chevalier te viendra. Alors, il te dira.

Par sacha volchinka - Publié dans : Le Loup Qui Parle - Communauté : Les portes du merveilleux.
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  • : sacha volchinka
  • Fenrisulfr ou La Métamorphose.
  • : Femme
  • : France lille
  • : écriture fantasy fantastique loup louve
  • : J'ai décidé d'unir deux passions dévorante: le LOUP -compagnon de vie- et l'ECRITURE. Le fruit de cette union étrange est sous vos yeux. Sachez enfin que les loups évoqués ici existent vraiment. Qu'il m'est facile de vous les présenter.

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